Je demeure avec vous dans ce poids que vous portez, sans chercher à l’alléger par des mots trop rapides. La honte et la culpabilité peuvent faire un tel bruit à l’intérieur qu’on ne s’entend plus respirer, et dans cette épreuve, la première chose qui soit due est simplement une présence vraie, qui ne juge pas et ne presse rien.
Lorsque le tumulte de ces sentiments aura trouvé un peu d’espace pour être accueilli, peut-être pourrez-vous entendre une voix bien différente de celle qui vous accuse. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, qui a connu elle-même l’épreuve de la nuit et le sentiment d’indignité, disait : « Vous voulez gravir une montagne, et le bon Dieu veut vous faire descendre : il vous attend au bas de la vallée fertile de l’humilité » [1]. Cette descente n’est pas une chute ni une condamnation ; c’est un retour vers le lieu même où la miséricorde repose, un mouvement de vérité où l’on cesse de vouloir se sauver par ses propres forces pour se laisser enfin rejoindre.
Elle ajoutait, avec une tendresse qui désarme : « C’est Jésus qui se charge de remplir votre âme, à mesure que vous la débarrassez de ses imperfections » [1]. Ce n’est pas vous qui devez arracher la honte par un effort douloureux ; c’est Lui qui vient habiter ce qui est vidé, ce qui est reconnu, ce qui est offert. Et lorsqu’elle parlait de sa propre petitesse, elle confiait : « Il me semble que l’humilité, c’est la vérité » [1]. Dans cette lumière douce, la culpabilité cesse d’être un verdict écrasant pour devenir le seuil d’une rencontre où la vérité n’est plus une lame, mais un visage qui vous regarde avec amour.
Je m’arrête ici, en espérant que ces mots ont pu rejoindre un peu de ce que vous traversez, sans forcer une consolation qui ne serait pas encore prête à être reçue. Cela a-t-il parlé à ce qui habite votre cœur en ce moment ?