Est-il permis d'être en colère contre Dieu ?

Cette question touche au plus vrai de la relation avec Dieu, car elle naît souvent d’un cœur qui souffre et qui cherche, non à fuir, mais à être entendu. Plutôt que de chercher d’abord si cette colère est une faute, il me semble plus juste de regarder comment Dieu lui-même accueille ce mouvement de

Cette question touche au plus vrai de la relation avec Dieu, car elle naît souvent d’un cœur qui souffre et qui cherche, non à fuir, mais à être entendu. Plutôt que de chercher d’abord si cette colère est une faute, il me semble plus juste de regarder comment Dieu lui-même accueille ce mouvement de votre cœur lorsqu’il se tourne vers Lui, même avec véhémence.

Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ouvre une porte lumineuse sur cette tendresse divine qui ne se retire jamais, même face à nos tumultes intérieurs : « Si vous saviez ce que j'éprouve ! Je n'ai jamais aussi bien compris avec quel amour Jésus nous reçoit quand nous lui demandons pardon après une faute ! Si moi, sa pauvre petite créature, j'ai senti tant de tendresse pour vous, au moment où vous êtes revenue à moi, que doit-il se passer dans le cœur du bon Dieu quand on revient vers lui !... Oui, certainement, plus vite encore que je ne viens de le faire, il oubliera toutes nos iniquités pour ne plus jamais s'en souvenir... Il fera même davantage : il nous aimera plus encore qu'avant notre faute ! » [1]

Ces mots suggèrent que votre colère, si elle est déposée devant Lui comme une prière honnête, peut devenir le lieu même d’une rencontre restaurée. Dieu ne demande pas que vous supprimiez ce que vous ressentez avant de venir à Lui ; Il attend que vous veniez tel que vous êtes, car c’est là qu’Il peut vous aimer « plus encore qu’avant ». La permission n’est donc pas tant un décret juridique qu’une invitation à ne pas garder cette colère en vase clos, mais à la laisser circuler dans la relation.

Saint François de Sales offre ensuite une manière concrète et douce de traverser cette agitation sans la laisser durcir le cœur : « Fais, dit-il, ce qu’un homme doit faire ; que s’il t'arrive ce que l’homme de Dieu dit au psaume : Mon œil est troublé de grande colère, recours à Dieu, criant : Aie miséricorde de moi, Seigneur, afin qu’il étende sa dextre pour réprimer ton courroux. Je veux dire qu’il faut invoquer le secours de Dieu quand nous nous voyons agités de colère, à l’imitation des Apôtres tourmentés du vent et de l’orage emmi les eaux ; car il commandera à nos passions qu’elles cessent, et la tranquillité se fera grande. Mais toujours je vous avertis que l’oraison qui se fait contre la colère présente et pressante doit être pratiquée doucement, tranquillement, et non point violemment » [2].

Le conseil est précieux : transformer la colère en un cri vers Dieu, non pour L’accuser, mais pour Lui demander la paix. L’image de la tempête apaisée montre que Dieu ne condamne pas le vent qui souffle en vous ; Il est Celui qui peut y faire régner le calme, si on L’y invite avec douceur. Cela ne signifie pas que la colère est indifférente, mais qu’elle devient le matériau d’une prière où l’on consent à recevoir Son secours plutôt que de rester seul face à la blessure.

Il me semble ainsi que votre question trouve sa réponse non dans une interdiction, mais dans un chemin : celui de présenter à Dieu ce mouvement de votre cœur avec honnêteté, en Lui demandant de le traverser avec vous. C’est peut-être là que la relation se purifie et se fortifie, bien loin de se rompre.

J’espère que ces paroles éclairent ce que vous portez et répondent à votre recherche.

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Sources

  1. [1] Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus — Histoire d'une âme
  2. [2] Saint François de Sales — Introduction à la vie dévote
  3. [3] Saint François de Sales — Introduction à la vie dévote
  4. [4] Saint François de Sales — Introduction à la vie dévote
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