Croire en Dieu n'est-il pas simplement de la faiblesse, voire de la bêtise ?

Cette question touche à quelque chose de très réel, et je me demande si elle ne porte pas en elle une attente légitime : celle d’une foi qui ne soit pas une fuite, mais une rencontre vraie avec le réel. Plutôt que de voir la foi comme une démission de l’intelligence, il est peut-être possible d’y re

Cette question touche à quelque chose de très réel, et je me demande si elle ne porte pas en elle une attente légitime : celle d’une foi qui ne soit pas une fuite, mais une rencontre vraie avec le réel. Plutôt que de voir la foi comme une démission de l’intelligence, il est peut-être possible d’y reconnaître un acte où l’esprit et le cœur s’engagent ensemble, sans se contenter de facilités.

Saint Anselme de Cantorbéry, loin de demander à l’intelligence de s’effacer, s’adresse à Dieu en ces termes : « Toi qui donnes à la foi son intelligence, accorde-moi de comprendre, autant que tu sais être utile, que tu existes comme nous le croyons, et que tu es cela même que nous croyons » [3]. La foi n’est pas opposée à la compréhension ; elle est au contraire ce qui demande à être compris, ce qui sollicite l’intelligence pour aller vers ce qu’elle perçoit comme « ce dont rien de plus grand ne peut être pensé » [3]. Croire, dans cette lumière, n’est pas un renoncement à penser, mais un mouvement de l’esprit qui cherche à rejoindre une vérité qui le dépasse sans l’écraser.

Saint Augustin a lui aussi traversé cette exigence de vérité. Il raconte comment Dieu a peu à peu disposé son cœur à reconnaître que « nous croyons d’innombrables choses que nous n’avons pas vues et auxquelles nous n’avons pas assisté lorsqu’elles se sont produites », et que « si l’on ne croyait pas ces choses, nous ne ferions absolument rien dans cette vie » [4]. La foi n’est donc pas une faiblesse qui s’opposerait à la raison, mais une capacité humaine fondamentale, sans laquelle aucune connaissance, aucune relation, aucune action ne serait possible. Croire en Dieu, c’est peut-être simplement porter cette capacité à son point d’origine et de plénitude.

Il est aussi juste de reconnaître que cette perception de faiblesse ou de bêtise peut venir de ce que nous, croyants, avons parfois présenté. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle sobrement que « dans la genèse et la diffusion de l’athéisme, les croyants peuvent avoir une part non négligeable, dans la mesure où, par la négligence dans l’éducation de la foi, ou par une présentation trompeuse de la doctrine, ou encore par les défaillances de leur vie religieuse, morale et sociale, ils peuvent être dits voiler plutôt que révéler le véritable visage de Dieu et de la religion » [6]. Si la foi a pu paraître stupide ou faible, c’est peut-être parce qu’elle a été mal vécue ou mal montrée, et non parce qu’elle l’est en elle-même.

Je ne sais pas si ces perspectives rejoignent ce que tu portes en posant cette question, car toi seul peux dire ce qui anime vraiment ta recherche. Mais j’espère que cela a pu t’offrir une manière plus juste et plus humaine de considérer ce que croire peut vouloir dire. Cela répond-il à ce que tu voulais exprimer, ou souhaiterais-tu préciser davantage ce qui te traverse ?

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Sources

  1. [1] Ioannes Paulus PP. II — Catechismus Catholicae Ecclesiae
  2. [2] Sanctus Hieronymus (trans.) — Biblia Sacra Vulgata Clementina
  3. [3] S. Anselmus Cantuariensis — Proslogion
  4. [4] Sanctus Aurelius Augustinus — Confessiones
  5. [5] Ioannes Paulus PP. II — Catechismus Catholicae Ecclesiae
  6. [6] Ioannes Paulus PP. II — Catechismus Catholicae Ecclesiae
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