Puis-je chercher Dieu si j'ai plus de questions que de réponses ?

C’est non seulement possible, mais c’est peut-être la forme la plus pure de la quête. Vos questions ne sont pas des murs qui vous séparent de Dieu, elles sont le lieu même où Il vous attend, car la foi véritable ne commence pas quand tout est clair, mais précisément quand on accepte d’avancer sans v

C’est non seulement possible, mais c’est peut-être la forme la plus pure de la quête. Vos questions ne sont pas des murs qui vous séparent de Dieu, elles sont le lieu même où Il vous attend, car la foi véritable ne commence pas quand tout est clair, mais précisément quand on accepte d’avancer sans voir.

Le Père Jean-Pierre de Caussade décrit cette réalité avec une tendresse qui pourrait apaiser votre crainte : « Allons donc, mon âme, allons à Dieu par l’abandon et puisque la vertu vient de l’industrie et des efforts, avouons-lui notre impuissance et notre confiance en Dieu qui ne nous réduirait pas à ne pouvoir marcher à pied, s’il n’avait la bonté de nous porter sur ses bras. Qu’avons-nous besoin de lumière, Seigneur, de voir, de sentir, d’assurance, d’idée, de réflexions, puisque nous ne marchons pas, mais nous sommes portés sur le sein de la Providence ? Plus il y aura de ténèbres, d’abîmes, d’écueils, de morts, de déserts, de craintes, de persécutions, de sécheresses, de disettes, d’ennuis, d’angoisses, de désespoirs, de purgatoires, d’enfer en notre route, plus notre foi et notre confiance seront grandes. » [1]

Il ajoute que dans cette obscurité même, « il faut de la foi pour trouver Dieu en tout cela et cette vie divine qui ne s’y voit et ne s’y sent pas, mais s’y donne à tout moment d’une manière inconnue, mais très certaine » [2]. Vos questions sont cette obscurité où Dieu se donne sans se montrer ; elles ne invalident pas votre recherche, elles en sont le moteur.

Frère Laurent de la Résurrection nous invite d’ailleurs à ne pas chercher ailleurs que dans cette simplicité intérieure : « Ne nous amusons pas à rechercher ou à aimer Dieu pour des faveurs sensibles qu’Il nous a faites ou peut nous faire. De telles faveurs, quelque magnifiques et élevées qu’elles puissent être, ne peuvent jamais nous amener aussi près de Dieu qu’un simple acte de foi. Cherchons-Le souvent par la foi. Il est au dedans de nous ; ne Le cherchons pas ailleurs. » [3]

Vous n’avez pas besoin d’avoir résolu vos interrogations pour commencer ; vous pouvez les apporter telles quelles, comme une prière. La foi n’est pas l’absence de questions, c’est la confiance qui permet de continuer à chercher malgré elles.

Cette réponse éclaire-t-elle ce que vous portiez en vous ?

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Sources

  1. [1] Jean-Pierre de Caussade, S.J. — L'Abandon à la Providence Divine
  2. [2] Jean-Pierre de Caussade, S.J. — L'Abandon à la Providence Divine
  3. [3] Frère Laurent de la Résurrection — Entretiens et Lettres sur la Présence de Dieu
  4. [4] Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus — Histoire d'une âme
  5. [5] Jean-Pierre de Caussade, S.J. — L'Abandon à la Providence Divine
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